DAMMARIE-LES-LYS

Extrait de l'Histoire topographique, politique, physique et statistique du département de Seine-et-Marne par Félix PASCAL, 1844, tome 1
L'orthographe a été conservée de son époque.

Les noms de Damemarie, Dannemarie, Donne-marie, que portent plusieurs communes de France, viennent indubitablement de ce qu'elles sont placées sous le patronage de la Vierge.
Celle dont il s'agit ici est située sur la pente du coteau qui borde la rive gauche de la Seine, sur la route de Melun à Ponthierry et près de celle de Paris à Genève, par Brie-Comte-Robert, Melun et Fontainebleau.
La célèbre abbaye du Lys fondée en 1224 par la reine Blanche, mère de Saint Louis, était placée entre cette commune dont elle dépend, et la Seine.

L'église, le choeur et les dortoirs étaient d'une beauté remarquable et dignes de la magnificence des fondateurs. Plusieurs personnages illustres s'étaient plu à décorer cette abbaye ; la reine, mère de Louis IX, lui avait fait le don d'un ostensoir d'une très grande richesse, par le nombre et la beauté des brillans qui l'ornaient.
Par l'acte de fondation, Louis IX et sa mère donnèrent à ce monastère le pain, le sel et le chauffage ; l'enclos de cent vingt-arpens fournissait le vin.
Alix de Bourgogne, dernière comtesse de Mâcon, après avoir perdu Jehan de Dreux, son mari, mort en Palestine, vendit son comté à Saint Louis et se retira dans ce couvent dont elle fut abbesse.
Elle y mourut en 1232.
Lorsqu'en 1677, la soeur du fameux ministre Colbert en fut bénite abbesse, toute la cour assista à cette cérémonie.
Christine, reine de Suède, visitant l'abbaye du Lys, fit cette singulière réflexion aux dames : Avec des voeux pourquoi des grilles, et avec des grilles pourquoi des voeux ?
Il ne reste plus aujourd'hui de cette célèbre abbaye qu'une petite maison de campagne formée du quartier jadis destiné à loger les étrangers de distinction qui venaient visiter le monastère.

Le château de Belombre, placé entre l'abbaye et le fleuve, dans une situation des plus agréables, a été bâti par la même reine Blanche.
A l'ouest, et toujours dans la vallée, est le hameau de Farcy. Plus à l'ouest encore, et au sommet du coteau qui ferme la vallée sur ce point, est celui de Vosves ;
on y voit deux maisons de campagne dont l'une, par la beauté de ses eaux, a mérité le nom de Vives-Eaux; on jouit de ce lieu d'une vue qui s'étend, en dominant les bords de la Seine, jusqu'à Corbeil.
La population de Damemarie est de 800 habitans ; il est situé à une demi-lieue de Melun , et son territoire est en vignes et en prairies artificielles.

Boissise-le-Roi
Boissiacum Regis, Ecclesia Sancti Dyonisii (bulle du pape Alexandre III, en faveur de l'abbaye Saint-Pere de Melun, janvier 1160). Autrefois diocèse de Sens, conférence de Saint-Port, collateur, l'abbé de Saint-Père. Aujourd'hui diocèse de Meaux, 768 habitants.
On ne peut nier que l'étymologie de Boissettes, Boissisela-Bertrand et Boissise-le-Roi — localités situées à une faible distance les unes des autres — ne soit évidemment la même pour chacune d'elles. Le mot Boscus, de la basse latinité, en doit être l'origine. Quant au surnom le Roi que nous rencontrons ici, il indique que ce territoire faisait ori- ginairement partie du domaine royal, — à une époque très-reculée et probablement antérieure à l'avénement des Capétiens.
Boissise-le-Roi, qui fait actuellement partie du canton
sud de Melun, est un village de mince importance, situé sur la rive gauche de la Seine, à peu de distance du fleuve, et au bas d'un plateau dont les parties supérieures sont douées d'une certaine fertilité. Le territoire comporte environ '709 hectares de terres labourables, prairies, bois, broussailles et vergers.
Quelques découvertes ou souvenirs archéologiques témoignent de l'antiquité de ce pays. Deux parties du territoire, appelées Pierre-Fritte (Pierre Fitte, Pierre fichée, Menhir) et la Fosse-au-Diable, situées sur le chemin de Boissise à Orgenoy, rappellent les temps celtiques. Dans le voisinage du château, on trouve des tuiles carrées à rebords, qui remontent à l'époque romaine. L'ancienne voie, dite vieille route de Bourgogne, que l'on tient pour chemin ro main, et qui se dirigeait vers le pont de Samois, passe sur les hauteurs de Boissise. En 1862, les dragages du barrage des Vives-Eaux ont fait découvrir dans la Seine, sur le territoire de cette commune, la matrice d'un sceau du mue siècle, dont le type est un griffon, et qui porte cette légende : S . consullatus . Januensium . in . Francia. (Sceau du consulat des Génois en France.)
L'église paroissiale, sous le vocable de saint Denis, date du mue siècle. Elle offre un plan rectangulaire irrégulier, comprenant une nef principale et deux collatéraux de dimensions inégales. Sa longueur totale est de 25 mètres et sa largeur de 17 mètres environ. Au choeur se trouvent des colonnettes et une piscine du mue siècle. Les voûtes de la chapelle de la Vierge sont ogivales avec nervures cylindriques de la même époque. Le surplus de l'église est voûté en berceau avec entraits et poinçons du xvie siècle. On voit dans cette église une statuette de sainte Anne, pouvant dater de cette dernière époque, des fragments de vitraux peints du même temps, et des vestiges de litre funèbre avec les armes de la famille de Thumery qui posséda l'ancienne seigneurie : d'or â la croix de gueules cantonnée de quatre aigles de sable. Dans la chapelle de la Vierge on a rapporté l'épitaphe suivante : « Icy repose damoiselle Françoise Va« lentine de Thumery, laquelle, par humait`, a voulu estre « enterrée dans le cimetière. Elle est décédée le ler jour de « novembre de l'année mil sept cent quinze, âgée de 37 ans
et sept mois. Priez Dieu pour le repos de son âme. » — Le clocher, qui a 4 mètres de côté, comprend une tour carrée élevée, ornée de modillons à la jonction des étages, avec toit à selle ou en bâtière.
La coutume de présenter une quenouille, garnie de filasse, à toute nouvelle mariée, qui vient pour la première fois à l'église depuis son union, se conserve à Boissise-le-Roi.
Le château, de forme rectangulaire, est flanqué de tourelles sur la façade de la Seine. Quelques parties paraissent être du xvie siècle, d'autres sont contemporaines de Louis XIV; mais la presque totalité a été reconstruite, il y a environ 35 ans, à la suite d'un incendie. Un acte du xviie siècle désigne ainsi le château : « hostel fermé de murs à cresneaux, pont-levis qui se lève et s'abaisse. »
L'ancienne seigneurie appartint pendant une longue suite d'années à la famille de Thumery, originaire des environs de Brie-Comte-Robert, dont quelques membres portèrent l'épée, et le plus grand nombre la robe. C'étaient des gens de bien, très-considérés dans la contrée. Au temps de Louis XIV, Germain-Christophe de Thumery, seigneur, chevalier, baron deVez-en-Valois, était président de la deuxième chambre des enquêtes du Parlement. 11 épousa Madeleine Le Tellier, de la famille du célèbre ministre de ce nom. D'Hozier lui donne ces armoiries, qui diffèrent de celles qu'on retrouve dans l'église : d'or à la croix de gueules, cantonnée de quatre tulipes à calice de sinople. Mre Nicolas de Thumery, son fils, était chambellan du duc d'Orléans en 1664.— Vers le milieu du xvine siècle, la terre de Boissise passa, par suite d'une acquisition, entre les mains de Mre Charles-Jean de Beausse, sieur des Glèves, chevalier, vicomte de Fromentel, conseiller du roi, auditeur en sa h ambre des comptes, marié â Catherine-Louise de Bussy de Montigny. Sa fille est morte célibataire à Boissise, il y a environ quarante-cinq ans. Les armes de la famille de Beausse étaient : d'azur au croissant d'argent, enfermant un coeur de gueules, surmonté de deux gerbes et d'un soleil d'or.
Le médecin Sabatier, de l'Académie des sciences et de chirurgie, chirurgien-major de l'Hôtel-des-Invalides, possédait des propriétés foncières à Boissise-le-Roi, vers la fin du xvnie siècle.
Les abbés de Saint-Père de Melun et de Saint-Victor de Paris dimaient dans cette paroisse, concurremment avec le curé.
DÉPENDANCES.
Faronville, ferme.
La Folie, auberge.
Malescot, maison isolée, ancien fief.
Les plans de l'Intendance indiquent la fontaine Malescot et le bois de la Tour.
Orgenoy-le-Roi, hameau au milieu d'une plaine fertile, ancienne seigneurie qui appartenait à l'abbaye de Saint-Victor de Paris. Les batiments de la ferme seigneuriale da- tent en partie du xine siècle. On y voit notamment une grange spacieuse, divisée en trois travées par une double rangée de piliers en bois qui supportent la charpente. Les deux pignons et les murs latéraux sont garnis de contreforts à l'instar des églises du temps. Les bas-côtés, égaux en lar- geur' sont compris, avec la nef principale, sous un même toit. La chapelle, dénuée d'intérêt, sert d'écurie.
Montplaisir.
Des vestiges d'ancien four à chaux, cave et maison, appelés Montplaisir, qui existaient encore en bon état à la fin du xvine' siècle, se rencontrent sur le bord de la Seine.
Almanach historique de Seine-et-Marne 1869, pages 110 à 113.

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