BOISSISSE-LA-BERTRAND

En descendant le cours de la Seine, on rencontre, au-dessous de Boissettes, le village de Boissise-la-Bertrand, bâti à mi-côte, dominé par les bais du domaine de Sainte-Assise, entouré de vignes en réputation et d'une plaine de qualité médiocre. Sa population est de 314 habitants. Une grande rue et deux ou trois autres adjacentes le composent. L'église s'élève au milieu du pays, dans le voisinage d'une grande maison bourgeoise ou château, bâti au xville siècle et remanié postérieurement.

Les hameaux de Beaulieu, du Larré et la ferme des Joies forment les seules dépendances de la commune.
L'église paroissiale, dont le patron est saint Germain, évêque, était originairement consacrée à saint Maur. Elle comprend une nef principale de cinq travées, avec collatéraux de dimensions inégales. Le sanctuaire, le choeur et le collatéral à droite ont des voûtes ogivales avec nervures prismatiques du xvie siècle, dont les retombées s'appuient sur des piliers cylindriques, engagés ou isolés, qui rappellent le mue siècle. La nef et le collatéral à gauche sont voûtés en berceau avec entraits et poinçons. Cos diverses dispositions montrent que l'église de Boissise, dont l'origine remonte au mile siècle, fut l'objet de modifications au temps où les Valois d'Angoulême occupaient le trône de France. Dans le sanctuaire, on trouve la tombe de Maître Jean Poupart, prêtre, curé de la paroisse, et chapelain de la chapelle Saint-Jean et de la Madeleine, en l'église Notre-Dame de Paris, décédé le 3 janvier 1641. Une inscription placée dans le collatéral de droite rappelle la mémoire de « Maître Jean-leHarpeur, en son vivant prêtre, maître ès-arts de la faculté de Paris, curé de Boissise-la-Bertrand, » bienfaiteur de l'église, décédé en 1673. — Le clocher consiste en une tour carrée, avec toit en bâtière. La cloche porte la date de 1738.

Le prieuré de Saint-Leu, membre de l'abbaye de Saint-Père, de Melun, possédait une redevance de deux muids et demi de vin sur les dîmes de Boissise. En 1270, on trouve, dans les Olim du parlement de Paris, que Jehan de Boissise, prêtre, appelant d'une sentence rendue contre lui, en la justice de Saint-Père de Melun, en faveur d'Adam de Fontaine-Roux et de Marguerite, sa femme, fut débouté de sa demande.
Le vocable primitif de l'église fait croire que, dans un temps reculé, l'abbaye de Saint-Maur, près Paris, possédait des biens à Boissise.
Au XIVe siècle, la seigneurie appartenait à Charles de Melun. Elle passa ensuite, comme celle de Boissettes, dans la maison de Vaudetar, qui l'incorpora à sa seigneurie de Pouilly-le-Fort. Cette famille, tige des barons et des marquis de Persan, alliés aux Vitry-Lhopital, portait : « Fasce d'or et d'argent de six piéces.
Le 8 juin 1720, le domaine de Pouilly, comprenant notamment la seigneurie de Boissise-la-Bertrand, fut vendu à Mre Jean-Baptiste Glucq, baron de Saint-Port et de Sainte-Assise, conseiller honoraire du roi en son grand conseil. A partir de cette époque, Boissise suivit le sort de l'important domaine de Sainte-Assise, qui, jusqu'à la Révolution, appartint successivement à M. de Montullé, à la marquise de Montesson, connue par ses relations avec le duc d'Orléans, petit-fils du régent, a Monsieur (Louis XVIII), à la duchesse de Kingston et à Philippe Glower, écuyer.
Le château de Boissise, appartenant en ces derniers temps à la comtesse Andréossy, veuve d'un ancien général de l'Empire, décédée en 1867, est aujourd'hui la propriété du général comte Rodolphe de Latour-Maubourg, neveu de l'ancien ministre du même nom, qui mourut au Lys, commune de Dammarie, en novembre 1850.
A la Révolution, Boissise-la-Bertrand devint le chef-lieu d'un canton, dont le graveur Marillier fut le premier juge de paix. Cette commune fait actuellement partie du canton nord de Melun.
Un lieu dit le Vieux Cimetière. climat des Sablons, figurant sur le plan de l'intendance dressé eu 1785, rappelle un très-ancien champ d'inhumation, dont il est difficile de préciser l'époque. Les bois des Célestins et de Saint-Jean, situés sur le territoire de Boissise, conservent le souvenir des religieux Célestins de Paris et des Hospitaliers de Saint-Jehan de Jérusalem, qui les possédèrent au moyen âge.
La propriété du Larré, dépendant de Boissise, appartint à Chalumeau, ancien secrétaire du comte d'Artois, administrateur du district de Melun, auteur de plusieurs ouvrages littéraires et politiques, notamment de Ma chaumiére », dans lequel sont décrits le Larré, Boissise-la-Bertrand e leurs environs.
Au hameau de Beaulieu, on conserve une statuette de saint Denis, en pierre, paraissant dater du xvie siècle, et provenant peut-être de l'église de Boissise-le-Roi, située sur la rive gauche de la Seine, et dédiée à ce saint. La principale maison de ce hameau fut longtemps en la possession de Clément-Pierre Marillier, dessinateur et graveur, dont les oeuvres jouissent d'une réputation méritée. Retiré à Beaulieu, dit Michelin dans ses Essais historiques, Marillier y vivait en sage, partageant son temps entre les arts et les fonctions administratives qui lui furent confiées, et qu'il remplit avec autant de zèle que de probité, lorsqu'il y mourut le 11 août 1808.

Extrait de l'Almanach historique de Seine-et-Marne 1869, pages 108 à 110.

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