BOISSETTES

La commune de Boissettes est la moins importante du canton nord de Melun. On y compte 130 habitants seulement en 1869, chiffre qui, depuis près d'un siècle, n'a jamais éprouvé de différence sensible. En 1772, d'après un recensement officiel, il y avait 36 feux ou 144 habitants environ ; en 1836, 146 habitants ; en 1856, 132 ; et enfin en 1866, 130. La contenance du territoire est de 154 hectares.
Boissettes est très agréablement situé sur la pente d'un coteau qui se déroule sur la rive droite de la Seine. Des prés, des bois, des vignes et quelques terres labourables existent sur son territoire. Les produits de son vignoble sont estimés. L'heureuse situation de ce pays a motivé la construction de plusieurs maisons de campagne, qui ont vue sur la Seine et dont les jardins s'étendent en amphithéâtre jusque sur les prairies qui' bordent ce fleuve. La commune de Boissettes est personnellement propriétaire d'une certaine quantité de bois, broussailles et friches appelés Uselles ou Usages, qui servent de pâturages aux bestiaux des habitants.
Le nom de Boissettes diminutif de Boissise, semble provenir comme ce nom de Buxus, buis, ou Boscus, bois, c'est à-dire endroit boisé, situé dans les bois, étymologie qui se trouve parfaitement justifiée par la position de cette petite paroisse.
On trouve qu'en l'an 1296, Frédéric de Corbeil donna à la collégiale Notre-Dame de Melun « deux siens hostes avec un muid de vin perceptible à Boissettes. » — Vers le même temps, l'abbaye de Saint-Maur des Fossés, près de Paris, possédait des biens dans cette localité, du côté des Uselles.
Les vicomtes de Melun paraissent avoir été les premiers possesseurs de la seigneurie. Antérieurement à l'an 1338, elle appartenait à Charles de Melun, qui possédait également la terre de Boissise-la-Bertrand. Le mariage de sa fille, Iolande de Melun, avec Guillaume de Vaudetar, seigneur de Pouilly-le-Fort, premier valet de chambre du roi Jean le Bon, fit passer ces deux seigneuries dans la maison de Pouilly, dont quelques membres figurent dans l'histoire des XIVe et XVe siècles.
En 1486, Arthur de Vaudetar, chanoine de Notre-Dame de Paris, conseiller en la cour de Parlement, seigneur du Larré, du Mée, de Boissettes et autres lieux, mort à Paris en l'an 1504, fit don aux habitants de Boissettes d'une portion de pré dépendant de son domaine.
Une partie de la seigneurie, démembrée à une époque qui reste inconnue, appartenait aux seigneurs d'Andrezel, dans le cours des XVe et XVIe siècles. Mais vers 1560. noble homme Antoine Maigret était seul possesseur de Boissettes, qu'il réunit à sa seigneurie du Mée. A sa mort, François Lefebure, conseiller du roi, trésorier de France, fit l'acquisition de la terre de Boissettes, par contrat du 8 février 1603. Cette terre passa successivement entre les mains de Louis Le Tonnelier de Breteuil, contrôleur général des finances, en 1673; de Pierre-Joseph Faure, maître ordinaire en la chambre des comptes, en 1722; du marquis Brunier de Larnage, en 1748; et du comte d'Onzembray, lieutenant général des armées du roi, en 1768. — En ces dernières années, elle appartenait à la comtesse de Talhouet née de Saint-Simon.
Cette seigneurie relevait du roi à cause de son comté de Melun. On conserve aux archives de la préfecture de Seine-et-Marne un acte de foi et hommage, rendu, le 3 juin 1446, par Jehan Le Flamant, seigneur d'Andrezel et de Boissettes en partie, à cause de demoiselle Marguerite d'Andrezel, sa femme. Leur manoir, probablement détruit pendant les guerres, se nommait la Masure. Il n'y avait plus que la place où jadis « soulloit avoir pressoir, tournelles et prisons, tout s'entretenant séant au dict Boissettes. »

Un terrier dressé en 1512 constate qu'à cette époque ces ruines n'avaient pas encore été relevées. Ce ne fut que dans le cours du XVIIe siècle qu'un château, consistant en un principal corps de bâtiment, avec pavillons carrés aux angles, fut édifié au levant du village, dans une position très agréable. En grande partie démoli au commencement du XIXe siècle, il n'en subsiste plus qu'une des ailes qui a été refaite et augmentée en 1855.
Jusqu'au milieu du XVIIe siècle, Boissettes, simple hameau, avait fait partie de la paroisse de Saint-Leu, puis ensuite de celle de Boissise-la-Bertrand.
Sur la demande des habitants, qui donnèrent 6 arpents de prés et de bois pour assurer la subsistance des curés, Mgr de Gondrin, archevêque de Sens, y érigea une cure ou paroisse, sous le patronage de Saint Louis, roi de France, par ordonnance du 17 avril 1673. La première pierre de l'église fut posée le 22 août 1682, par M. de Breteuil, seigneur du lieu. Terminée et bénie trois ans après, la nouvelle église fut consacrée le 17 octobre 1728, par Mgr de Mornay, évêque de Québec. C'est un édifice de forme rectangulaire à une seule nef, et dépourvu d'intérêt architectonique. Avant 1789, on y voyait les inscriptions funéraires de plusieurs curés, et la tombe de madame de Breteuil, décédée en août 1707.
En 1718, le pape Clément XI accorda des indulgences aux fidèles qui visiteraient cette église le jour de la fête patronale. Le bref qu'il octroya à cette occasion existe dans les archives de la mairie.
Le culte, supprimé pendant la Révolution, fut rétabli en 1795, par les soins des habitants qui, « toujours fidèles à la religion de leurs pères, » se cotisèrent pour restaurer l'église et subvenir aux besoins sacerdotaux. Le revenu de la cure variait entre 400 et 500 livres.
Au printemps de l'an 1708, les vignobles de Boissettes et de Boissise furent entièrement gelés. « De 1800 pièces de vin qu'on y récoltait ordinairement, dit un sieur Besnard, greffier de la ville de Melun, leur produit se trouva réduit à dix muids. » En 1738 et 1746, des fièvres violentes, qui sévirent à Boissettes, déterminèrent un certain nombre de décès.
En 1766, un maître d'école fut institué par la libéralité de la dame Lefouin, veuve d'un ancien gouverneur de Melun, qui possédait une maison de campagne dans la localité. Louis Maurevert, curé, concourut également à cette institution, en 1775.
Desrues de Boudreville, directeur d'une manufacture royale de faïence, habita Boissettes dans la première moitié du XVIIIe siècle. Son séjour a fait dire à plusieurs auteurs qu'une fabrique de porcelaine et de faïence avait existé dans cette commune. Parmi les principaux possesseurs des maisons de campagne de Boissettes, on peut citer la comtesse de Lanoye, vers 1830; la baronne Gouré de Villemonté, veuve d'un générai tué dans la campagne de Russie ; le baron de Saint-Remy, général de brigade, mort en 1851.
Il dépend de cette commune deux maisons isolées, appelées les Pieux, proche la ruelle de Maugarni.
Extrait de l'Almanach historique de Seine-et-Marne 1869, pages 105 à 108.

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